Il y a un an maintenant, le Conseil SAM conjointement avec Transition en Commun ont mis sur pied un groupe de travail sur la citoyenneté alimentaire.
Cette année de travail collaboratif avec Transition en commun a permis de poser des bases structurantes pour faire de la citoyenneté alimentaire un levier de transformation du système alimentaire montréalais :
- Adoption d’un cadre conceptuel commun et d’une définition partagée ancrée dans la démocratie alimentaire, la justice sociale et le partage du pouvoir.
- Rédaction collaborative d’une Charte montréalaise des citoyens alimentaires, pensée comme un outil politique, pédagogique et mobilisateur.
- Création d’espaces d’expression et de coconstruction avec des citoyennes et citoyens de multiples milieux à travers des ateliers de mobilisation citoyenne, menés à l’automne 2025 et à l’hiver 2026.
- Contributions aux orientations et leviers du Plan d’action régional intégré 2026‑2030 du Conseil SAM.
- Les enseignements tirés ont mis en lumière un fort désir d’implication, à condition que les processus soient accessibles, transparents et influents.
Parmi les priorités identifiées figurent la mise en réseau des comités citoyens, l’éducation populaire, l’intégration des citoyens dans la gouvernance et la diffusion de bonnes pratiques de mobilisation citoyenne.

Quelques éléments de définition
Citoyenneté alimentaire – Version longue
La citoyenneté alimentaire désigne la revendication des résidents d’un territoire à reprendre le pouvoir sur la manière d’accéder à une alimentation saine, durable, équitable et culturellement appropriée, en recréant un lien fort entre alimentation, agriculture et société. Elle s’inscrit dans une démarche de démocratie alimentaire, dans laquelle les individus ne se limitent plus à leur rôle de consommateurs, mais deviennent des acteurs collectifs capables d’influencer, de coconstruire et de gouverner leur système alimentaire.
Cette citoyenneté suppose une inclusion active de tous les groupes sociaux, notamment les plus marginalisés, afin que chacun ait voix au chapitre dans les décisions concernant la production, la distribution et la consommation des aliments. Elle repose sur des modes de gouvernance partagée, participatifs et transparents, où le pouvoir est redistribué entre citoyens, agriculteurs, collectivités et institutions.
Ainsi, la citoyenneté alimentaire ouvre un espace pour une gouvernance alimentaire démocratique, fondée sur la justice sociale, le partage des pouvoirs et la solidarité territoriale, et permet l’émergence d’un système alimentaire plus résilient, équitable et porté par l’engagement collectif.
Citoyenneté alimentaire – Version courte
La citoyenneté alimentaire désigne la capacité des habitants d’un territoire à reprendre collectivement le pouvoir sur leur système alimentaire afin de garantir une alimentation saine, durable, équitable et culturellement appropriée. Elle s’inscrit dans une démarche de démocratie alimentaire fondée sur l’inclusion, la participation et la gouvernance partagée, permettant aux citoyens de dépasser leur rôle de consommateurs pour devenir des acteurs de décision. Elle contribue ainsi à bâtir des systèmes alimentaires plus justes, résilients et solidaires.
Gouvernance partagée
Mode de gouvernance dans lequel le pouvoir de décision est réparti entre plusieurs parties prenantes (citoyennes et citoyens, organisations, institutions, parties prenantes du terrain), plutôt que concentré entre quelques décideur·euse·s. Elle repose sur la participation active, la concertation, la transparence et la coresponsabilité dans l’élaboration et la mise en œuvre des décisions.
Justice sociale
Principe selon lequel toutes les personnes doivent avoir un accès équitable aux droits, aux ressources, aux opportunités et à la dignité, indépendamment de leur origine sociale, économique, culturelle ou territoriale. La justice sociale vise à réduire les inégalités structurelles et à transformer les rapports de pouvoir qui les produisent.
Justice alimentaire
Concept qui affirme le droit de toutes et tous à une alimentation saine, suffisante, culturellement appropriée et produite de manière durable, tout en garantissant des conditions justes pour les travailleuses et travailleurs ainsi que les communautés impliquées dans le système alimentaire. Elle met l’accent sur les inégalités d’accès, les rapports de pouvoir et la démocratisation du système alimentaire.
Solidarité territoriale
Principe de coopération et de responsabilité mutuelle entre territoires (quartiers, municipalités, régions) visant à réduire les déséquilibres sociaux, économiques et environnementaux. Elle se manifeste par le partage des ressources, des savoirs et des services, afin de renforcer la cohésion sociale et l’équité entre les territoires.
Inclusion sociale et territoriale
Démarche visant à assurer la pleine participation de toutes les personnes et de tous les territoires à la vie sociale, économique, politique et culturelle. Elle implique la reconnaissance des diversités, la levée des barrières (géographiques, économiques, culturelles, institutionnelles) et la création de conditions favorables à l’égalité réelle.
Agentivité
Capacité d’une personne ou d’un groupe à agir sur sa propre situation, à faire des choix et à influencer son environnement social, politique ou économique. L’agentivité ne dépend pas uniquement de la volonté individuelle : elle est profondément liée aux conditions structurelles, à l’accès aux ressources, à la reconnaissance et au pouvoir d’agir collectif.